Arbre dont j’ignore le nom

poème de Golan Haji * illustrations de Pascale Lefebvre
traduit de l’arabe (Syrie) par Nathalie Bontemps

Arbre dont j’ignore le nom est une méditation du poète sur l’exil et l’oubli. L’exil et l’incapacité à dire dans une autre langue : quand “les mots sont pauvres, ils montent et descendent comme le hoquet d’un nourrisson dans le brouillard d’une autre langue”. L’exil et le souvenir d’histoires familiales qui permettent d’évoquer ce que l’on fut, là d’où l’on vient. L’exil et la violence subie, “l’épouvante devant la vengeance des serpents blessés”. L’exil et son attente, l’exil est son silence, au point que la peur est devenue tristesse. Arbre dont j’ignore le nom est aussi l’écho graphique donné par la peintre Pascale Lefebvre au thème de l’arbre, la racine, les racines, la chevelure, les cheveux blancs.
Le port a jauni poursuit ainsi son exploration du champ poétique arabe, de la poésie du désert anté-islamique (Mu’allaqa, un poème suspendu) à la poésie moderne dialectale égyptienne (avec la série des Roubaiyat),  jusqu’à la poésie contemporaine syrienne et la voix de Golan Haji dont nous avons publié un premier recueil en 2018, Les Tireurs sportifs.

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17 x 22 cm | broché | 24 pages | poèmes | mars 2020 | 9 €
isbn : 978-2-919511-65-5

Extrait :
Mon grand-père a vieilli dans sa jeunesse,
une balle perdue l’a paralysé, on l’a soigné par la douleur :
ils l’ont allongé nu et immobile
sur un tapis en poil de chèvre,
dans sa chambre de terre, ils ont fermé porte et fenêtres,
et ont lâché sur lui les bourdons.
Dans sa maison, blanc sous le soleil d’avril,
il attend que les pas reviennent à ses pieds.

Comme lui, comme toi, dure mon attente,
le temps mort est pour moi le plus fécond.
Sont-ils heureux, les vieillards de ce pays où je suis venu en hôte ?