Le trousseau de clés
poèmes de Georgia Makhlouf * illustrations de Inbar Heller Algazi
traduit en arabe par Najla Jraissaty Khoury
Clé des champs, clé de voûte, clé de sol, solution clé mais aussi clé de la maison que l’on a laissée dans l’exil, clé du retour. La clé est le motif de tous les exils : elle est particulièrement présente et vivace dans la culture palestinienne. Le livre explore ces motif à travers l’histoire d’un enfant et de sa famille, au Liban.
Nous avons proposé ce motif comme clé d’écriture à Georgia Makhlouf, née au Liban, liée à la Palestine, vivant en France depuis longtemps. Elle explore le mot, ses occurrences dans les expressions françaises et ses significations implicites, comme dans un jeu, à travers le récit de vie d’un enfant unique, comme le dit son prénom, Farid (unique, exceptionnel, inimitable, en arabe). C’est une histoire unique reliée à l’histoire collective du Moyen-Orient.
Puis nous avons confié l’illustration de cette histoire poétique à Inbar Heller Algazi, israélienne ayant vécu à Jaffa. Engagée dans la lutte anticoloniale et antimilitariste en Israël, elle vit en France depuis quelques années. Pour donner un écho graphique au thème de la clé, elle a choisi les portes : les portes de l’ancienne ville arabe de Jaffa sont enlevées des maisons traditionnelles et revendues. Elles trônent devant les boutiques des antiquaires, séparées de leur maison, elles n’ouvrent plus sur rien.
Dans les dessins d’Inbar Heller Algazi, elles ouvrent sur la mer et participent d’un paysage panoramique où l’illustratrice revisite certains grands thèmes de la poésie arabe – le fil à linge, le nid, les oiseaux, la maison – croisés avec les souvenirs de sa maison familiale en bord de la mer.
Inbar Heller Algazi ramène la clé dans son monde d’origine et dans l’intimité des lieux, là où ses anciens propriétaires ne peuvent plus aller. Elle utilise, dit-elle, son « privilège » d’israélienne pour donner à revoir les lieux interdits.
Les poèmes sont traduits par Najla Jraissaty Khoury, femme de lettres et de théâtre libanaise, grande complice de Georgia Makhlouf avec laquelle elle a fondé à Beyrouth la revue de littérature jeunesse Sawa, publié des Contes populaires du Liban (Sindbad/Actes Sud, 2019) et La rue du Chacal (Sindbad Jeunesse, 2022).
Ensemble, elles explorent la langue arabe et recherche une écriture pour enfants reliée à l’oralité de l’arabe libanais. Il ne s’agit pas ici d’une écriture en lahjeh (langue arabe parlée du Liban), mais d’une recherche de rythmes et de facilitations dans la lecture pour rendre l’histoire de Farid unique et sensible dans les langues arabe et française. On entend, dans cette recherche d’oralité, l’expérience théâtrale et pédagogique de Najla Jraissaty Khoury.
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17 x 22 cm | broché | 32 pages | poèmes | avril 2026 | 12 €
isbn : 978-2-494753-40-2
